Serpentine

La roche et la lande

La Haute-Vienne compte plusieurs sites géologiques où affleure la serpentine. Celui-de La Roche l’Abeille, qui a pour nom « lande Saint-Laurent », et près de Chateau-Chervix une autre celui de la Flotte et du Cluzeau.

Certains nous ont parfois exprimé leur réticence à vis de ces landes sauvages, à cause d’une croyance tenace, qui voudrait ce sont des lieux où vivent les… serpents. Mythe ou réalité?

La pierre serpentine, vert foncé presque noire, a été exploitée depuis le néolithique. On connaît des haches en serpentine dédiées à des rituels, des éléments de parure (perles, hachettes-pendeloque).
Au Moyen-âge c’était une roche recherchée pour orner les édifices religieux, les fontaines, les autels (Le Chalard), les cuves baptismales (Le Chalard, Lubersac). À Solignac elle signale l’emplacement des courants d’eau dans l’escalier. Le vierge noire, et une partie du sol de l’église de La Roche l’Abeille sont en serpentine ainsi que des éléments de la base des colonnes au Chalard.

Cuve batismale à Lubersac


Dans d’autres régions, lLGéraud d’Aurillac et Sainte-Foy de Conques (Aveyron). Un bloc monolithe de 7,8 tonnes a été transporté sur des dizaines de km, sans qu’on sache comment. Le gisement de Cahus dans le Lot, à côté de Laval de Cère, est connu pour avoir été longtemps exploité pour sa serpentine. Le site est nommé selon la tradition locale le champ du roc vert, toponyme évocateur.

Dans le reste du Massif central, les Combrailles possèdent des gisements de serpentine. Relativement rares, les filons de serpentinites n’en sont pas pour autant exceptionnels. Beaucoup de régions en possèdent et, plutôt que chercher cette roche précieuse en des terres lointaines, les sites médiévaux privilégiaient logiquement les carrières à proximité, cqui étaient indispensables pour le décor monumental de bien des sites médiévaux. Certains de ces gisements sont aujourd’hui à redécouvrir.